Comment je suis devenue navigatrice pour la science…

Nous sommes le 8 juin, c’est la Journée Mondiale de l’Océan. Et j’en profite pour vous donner des nouvelles. Ou pas tout à fait, plutôt je vais vous raconter une histoire, comment je suis devenue navigatrice pour la science. Cette histoire je l’ai déjà raconté à l’occasion d’un TEDx Talk à Monaco en 2016. Mais c’était en anglais et j’en connais certains.es d’entres vous qui n’ont pas trop d’affinités avec cette langue. Alors voici pour vous l’histoire de la naissance de 4myplanet et de mon engagement pour la science.

Quand j’étais jeune, j’étais basketteuse professionnelle. Ou presque…en fait, je jouais en équipe régionale… j’avais 12 ans. Un jour quelqu’un m’a dit « Alexia tu es trop petite pour jouer au basket ball… » Mon rêve alors s’effondre. Heureusement j’en avais un autre, un rêve que je gardais alors secret…
Cette fois-ci je garde ce rêve pour moi. Personne n’aura l’opportunité de pouvoir détruire celui là!
Ma première fois sur un voilier c’était quand mes parents on décidé de déménager de Paris à Nice. J’avais 3 ans. Quelle chance! Autrement c’étais pas gagné je n’étais pas franchement en route pour devenir navigatrice. Mes parents ne sont pas riches, ni connus dans le monde de la course à la voile… Et pourtant ils m’ont offerts quelque chose de précieux: ma passion pour la mer.

Travaillant et m’entraînant dur, à 20 ans je réalise que je suis une des meilleurs navigatrice de ma génération. Il était temps pour moi de passer le pas et d’aller chercher un sponsor pour m’attaquer à la traversée de l’Atlantique en solitaire.
Je travaillais alors comme monitrice de voile et serveuse dans un restaurant pour payer mes études et mes régates, je devait trouver ce sponsor mais je ne connaissais personne.
Le 10 octobre 2003, avec 20 euros en poche pour terminer le mois… Je saute dans ma voiture et conduis jusqu’à Marseille pour apporter un dossier de partenariat à mon amie Gine. Elle travaillait alors pour une marque de vêtements surfwear très connue, ROXY. Un mois plus tard j’ai mon premier rendez-vous et j’allais courir ma première course en solitaire, parmi 80 bateaux, mesurant tous seulement 6.50 mètres, la Transat 6.50 de La Rochelle en France à Salvador de Bahia au Brésil.

Depuis j’ai couru 17 courses Transatlantiques, et navigué avec les skippers les plus connus: Poupon, Peyron, Arthaud …Peut-être que vous ne les connaissez pas mais dans mon monde ce sont les Di Caprio, ou Angelina Joly … Ce sont des personnalités dans mon univers!
Le 21 juin, ma vie allait prendre un courant définitif. J’arrive en Europe, au départ des Etats-Unis, à la voile… pour la première fois je ne me suis pas rendue compte que j’approchais des côtes de part ce phénomène vraiment spécial, la magnifique odeur de la terre. J’ai su que j’approchais de la terre à cause de la tonne de déchets, d’ordures et de plastiques qui flottaient à la surface de l’eau!!! Je ne pouvais plus être seulement une navigatrice. Il fallait que j’agisse.

Bien entendu je ne savais pas exactement quoi faire… Et je ne suis pas une scientifique! La seule chose que je savais c’est que mon prochain projet serais de naviguer autour du monde sur un voilier du Vendée Globe de 60 pieds. Mon objectif à toujours été de faire cette course autour du monde non-stop et sans assistance, le Vendée Globe. Alors pourquoi pas allier mes deux projets ensemble? La course et la préservation de l’Océan? Qu’est ce que j’ai à perdre?

J’allais convaincre les scientifiques que je ferais de la recherche océanographique pour eux!
J’ai commencé à en savoir plus sur l’Océan en lisant, parlant à des navires de recherche et des vrais scientifiques. Je voulais comprendre comment les instruments et les capteurs fonctionnaient et comment je pouvais les gérer en solitaire sur mon voilier monocoque de course de plus de 18 mètres.
Souvenez vous du Prince Albert Ier, qui il y a deux cents ans faisait déjà des expérimentations pour la science sur son navire l’Hirondelle, ils étaient à l’époque plus de 10 personnes d’équipage sur ce navire d’expedition… La technologie et les communications me permettent aujourd’hui de faire un grand voyage à la voile en solitaire. C’est juste incroyable!


C’était le premier septembre 2009.
Je prends la décision de collecter des donnée in situ en surface. Avec de moins en moins de budget les navires de recherché se font plus rares, ça aidera certainement la recherche portant sur l’observation de l’Océan. Je vais prendre des données de température et salinité.
Cela va me couter dans les 20000€ d’acheter l’instrument qui convient, un thermosalinomètre… Ouch!
Bon à un moment donné dans la vie il faut savoir arrêter de douter, et se lancer! Je veux faire une action pour l’Océan et je le ferais!
 J’ai finalement eu des supports incroyable pour cette aventure, S.A.S. le Prince Albert II de Monaco et sa Fondation, l’Institut Océanographique, le Ministère de la recherché en France, le Ministère de l’Education à Monaco… Jean-Victor Pastor et le Yacht Club de Monaco.
Plus d’1 millier d’enfants me suivaient désormais dans ce challenge!

Au même moment il m’a fallu convaincre les scientifiques. Au début ils remettait en cause mon manque d’expérience dans la recherche océanographique … bla bla bla
Vous savez, au départ quand on demande quelque chose, les gens vous répondent « non ». Vous ne l’avez jamais remarqué? Bon mais moi j’avais l’habitude ce n’était pas la première ni la dernière fois que j’allais rencontrer un « non ».
Finalement, j’ai trouvé un personne formidable avec qui échanger, Loick Petit de la Villeon en charge d’un programme européen sur l’Observation de l’Océan. Et quelques jours après l’Agence Internationale des Energies Atomiques de Monaco, qui me demande de leur rapporter des échantillons d’eau de mer. Ils en avaient besoin pour comparer la concentration de cette substance radioactive que l’on trouve à l’état naturel à la surface de la mer. Pour celles et ceux qui n’ont pas saisi, j’étais maintenant dans le Hollywood Studios de la recherche océanographique!
J’étais prête à appareiller avec mon bateau, mes supporters étaient là au départ et je ne savais pas encore jusqu’où j’irais dans ce challenge…

J’ai quitté Monaco le 11 janvier 2010, avec tous les enfants de le Principauté dans le port venus pour m’encourager, ma prochaine escale allait être Cape Town en Afriques du Sud…

Durant la première nuit, la lune était timide, les rafales de vents violentes soufflants à plus de 70 km/h. Les fameuse vagues du Golfe du Lion me secouaient, j’avais l’impression d’être dans une machine à laver. Mais tout était parfait. J’ai pu dormir un peu et le traffic des cargos n’était pas trop intense. Le thermosalinomètre fonctionnait bien, j’avais déjà collecté plus de 900 données pour le programme Coriolis et GOSUD. Et j’avais également prélevé mon premier échantillon d’eau pour l’AIEA.

Le troisième jour j’ai du m’arrêter. J’était folle de rage de faire ce choix mais mon équipe à terre don’t Lionel Péan m’a convaincue. J’étais proche des îles Baléares. Et ils ont eu raisons car les toits des maisons à Valence s’envolaient, les rafales soufflaient à plus de 120 km/h.
Je repartait le jour d’après, cette fois -ci ma prochaine escale serait bien Cape-Town. Et je suis heureuse de pouvoir relancer mon thermosalinomètre.

Le 17 janvier, j’arrive près de Gibraltar. Avec un vent joueur et pas mal de cargos sur mon chemin qui me font sentir comme une trottinette sur l’autoroute au milieu des camions, un vrai cauchemar.
J’ai fait des micro-siestes de 5 à 10 minutes pour ne pas perdre ma lucidité, ne pas risquer de m’échouer sur la côté marocaine, ou rentrer dans un cargo, ou dans un des nombreux pécheurs marocains!

Après une semaine de navigation, j’ai hâte de quitter ce piège à souris et de rejoindre l’Ocean Atlantique. Je remplis ma troisième bouteille pour l’AIEA et j’ai 76500 données collectées avec le TSG.

Je suis allée à Cape Town, Rio de Janeiro et New York … Presque 5 mois en mer!

Quand je suis en route le 31 mai pour retrouver Monaco, j’ai vécu une expérience unique lors de mes derniers moment en mer de ce voyage. Alors que je dormais, soudain j’entends un grattement à l’étrave de mon bateau. Deux globicéphales étaient en train de se frotter à mon bateau, ils voulaient me dire quelque chose. J’étais proche des îles Baléares, une maman globicéphale était en train de donner naissance, 100 mètres à l’avant de mon bateau. Les autres mammifères de cette tribu nageaient autour d’elle pour la protéger.
Ca a été la dernière image que j’ai gardé dans mon coeur avant de rejoindre la Principauté, les enfants et les scientifiques qui m’y attendaient.

Qu’est ce que tout cela nous aura apporté?
Pour la première fois dans l’histoire, une femme est partie naviguer en solitaire pour la recherche scientifique.  40000km, soit l’équivalent d’un tour du monde complet.

J’ai fait ce voyage, qui a eu des conséquences pour le monde.


Le TSG à rapporté des informations utiles pour les programmes internationaux de recherche, Coriolis et GOSUD (Global Surface Ocean Underway Data). 1 million de données collectées au total. Ces données sont ensuite entrées dans une banque mondiale de données gratuite et accessible à tous les chercheurs et tous les étudiants qui travaillent sur l’Océan et le changement climatique.

C’est absolument incroyable ce que l’on a fait!

Enregistrer des données sur le tritium et l’iode méticuleusement analysées par l’AIEA. Présent à l’état naturel, à de fortes doses par exemple dans certaines espèces de végétaux, il peut devenir dangereux pour l’Océan. J’ai rempli une bouteille de 1,5 litres tous les 3 jours, après 150 jours en mer, je reviens avec 100 bouteilles d’eau collectée en surface.
Nous an savons plus sur la pollution radioactive avec ces échantillons.

Maintenant je suis certaine de quelque chose, je ne suis pas seulement une navigatrice, je suis une navigatrice et un outil pour la science. Et vous aussi, demandez vous, comment vous pourriez aider la science tout en poursuivant votre passion.

Pour nous aider à poursuivre l’aventure vous pouvez faire un don à 4myplanet: https://www.helloasso.com/associations/4myplanet/collectes/4myplanet-alexia-barrier-objectif-vendee-globe-2020

Solidarité et collaboratif pour un projet hors du commun.

En 2018, le projet démarre. Avec l’aide d’un ami allemand, un mécène, nous achetons le mythique Pingouin construit en 1998 pour Catherine Chabaud.

En 2018, le projet démarre. Avec l’aide d’un ami allemand, un mécène, nous achetons le mythique Pingouin construit en 1998 pour Catherine Chabaud. 

Alexia Barrier ==>Vendée Globe 2020

Départ de la Bermudes 1000, championnat IMOCA 2020

Je dois vous raconter cette histoire, comment j’ai pu acquérir Le mythique Pingouin. Ce bateau à 20 ans, il a été construit en 1998 pour une femme. Il a fait 6 tours du monde, dont 4 Vendée Globe. Je n’étais pas du tout partie pour cette option. Compétitrice dans l’âme je construisais un projet gagnant, avec un sponsor et un bateau neuf.

Fin 2017, ce sponsor réalise qu’il n’est pas assez solide pour mener un tel projet. Cela fait quelques mois que l’on travaille, que nous sommes en discussion avec un architecte et un chantier… Sacrée déception. Pourtant je ne renonce pas. Intellectuellement je sais que je suis prête à courir ce tour du monde et réaliser mon rêve d’enfant. Je démarche alors des banques pour obtenir un prêt et acheter un IMOCA plus modeste. 3 banques acceptent. Pendant une semaine je me réveille la boule ou ventre, je n’ai pas de sponsor et pas les moyens de rembourser un prêt. Ca ne va pas le faire… Et puis j’ai cette idée. Je connais au moins 3 personnes qui pourraient acheter ce bateau et ainsi obtenir un prêt mais auprès de particuliers qui sont aussi des amis. J’appelle le premier. Bingo il me prête de l’argent et je peux acheter le Pingouin

L’affaire sera conclue en mars 2018 avec l’achat du Pingouin qui s’appelle maintenant 4myplanet, le nom de mon association pour la préservation des Océans créée en 2010.

Alors, ce n’est peut-être pas le bateau le plus rapide, ni le plus moderne, par contre il est robuste et connaît la route…

Alexia Barrier ==>Vendée Globe 2020

En 2020, nous sommes inscrits et qualifiés au Vendée Globe. Je serai sur la ligne de départ le 8 novembre 2020!

Avec l’aide de mon équipe, notamment Marc Clavereau et Gwenaelle Devillers, nous avons abattu des montagnes depuis 2018.

J’ai pu prendre le départ et terminer toutes les courses du championnat IMOCA, sauf la Fastnet Race, et ainsi me qualifier pour le Vendée Globe en 5e position sur 37 prétendants en 2019. Nous avons convaincu les partenaires d’entrer dans l’aventure et ils sont aujourd’hui plus de 45 sociétés, institutions, mécènes à croire en nous.

La société Biotronik et le Département des Alpes Maritimes sont nos partenaires principaux aux côtés des membres du Club 4myplanet. Ce Business Club réunit des TPE, PME, particuliers, écoles et institutions avec un ticket d’entrée à 3000€. Ainsi, le Vendée Globe devient accessible au plus grand nombre d’entrepreneurs, d’aventuriers et de personnes respectueuses de l’environnement et des océans. Les partenaires techniques sont fidèles depuis le premier jour et je pense notamment à La Cambuse, Gréement Courant ou Catalano shipping.

Sans partenaire titre, nous portons un projet singulier dans le monde de la course au large, un projet collaboratif. Cette option me satisfait car elle promeut les rencontres, l’échange, le networking, la découverte. Nos partenaires sont issus de lieux géographiques et de domaines d’activité différents. Ce qui créé la richesse de notre groupe.

Cependant nous ne sommes pas assez nombreux dans l’équipage pour boucler le budget et nous permettre d’avoir un bateau de course prêt pour ce tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance.

Alexia Barrier ==>Vendée Globe 2020

Nous lançons notre campagne de crowdfunding!

Pour cette raison nous lançons une campagne de crowdfunding qui peut vous permettre en prenant un ticket à 500€ d’être tiré au sort et de gagner un espace pour inscrire le nom de votre société ou de votre association favorite en grand sur ma grand-voile. Et faire ainsi le tour du monde à mes côtés et aux côtés des enfants, des scientifiques, des fans et supporters et des partenaires de 4myplanet.

Voici le lien de la campagne: Alexia Barrier ==>Vendée Globe 2020

Merci pour votre soutien et bien venu dans l’équipage à celles et ceux qui oseront larguer les amarres!

Marin confinée

Alexia Barrier ==>Vendée Globe 2020

Navigatrice dans la catégorie course au large en solitaire, je passe des jours voire des semaines, seule à bord de mon voilier de course. Il mesure 60 pieds (18 mètres 24) c’est un monocoque, comme tous les bateaux du Vendée Globe. Il fait parti de la classe IMOCA.

La taille de mon appartement est bien plus grand que celui de mon espace de vie dans le bateau. Soit 35m2 pour le premier (sans terrasse ni balcon) et 8m2 pour le second avec un extérieur avec vue imprenable (sauf quand les nuages s’en mêlent).

Vivre seule en mer n’est pas du tout pareil que vivre confinée à terre.

La première chose essentielle qui fait une énorme différence avec la situation que nous vivons actuellement, c’est que là, comme vous, je n’ai pas choisi ce confinement.

Voici rapidement les éléments qui meublent le vie à bord de mon bateau:

  • Toilettes : j’utilise un seau et si la mer est calme je fais par-dessus bord.
  • Douche : La douche, je me lave à l’eau de mer et puis le rinçage se fait avec l’eau douce du dessalinisateur. Un exemple sur la dernière Route du Rhum, le temps était tellement mauvais et les conditions de mer violente, je n’ai pu me déshabiller, me doucher et me changer qu’après 10 jours de course.
  • Eau courante : pour avoir de l’eau potable je dois faire fonctionner mon dessalinisateur qui produit 3 litres d’eau/heure. Pour le faire fonctionner je dois avoir de l’énergie (les batteries du bord chargées).
  • L’énergie : Je fabrique mon énergie grâce à mes panneaux solaires et mes hydrogénérateurs. Pas de 220v à bord, tout fonctionne en 12v. Alors le micro-onde et la machine à laver on oubli, hihihi.  
  • Mon lit : je dors à même le sol sur un Bean Bag (sac contenant des billes, le même que tu peux avoir au bord de ta piscine, un pouf).
  • Eau chaude :  si je veux de l’eau chaude je la fais chauffer dans une bouilloire.
  • Cuisine : ma cuisine se compose d’un réchaud type camping gaz, posé sur un cardan mobile qui s’adapte aux mouvements du bateau, pour ne pas que la bouilloire se renverse.
  • Magasin pour réapprovisionnement : Quand je pars au large j’embarque la totalité des provisions nécessaires à la durée de la navigation. Pour le Vendée Globe ce sera environ 100 jours de nourriture embarquée. Je ne manquerais pas de vous faire une post dédié à cette mission ! Quand je rentre à terre j’ai d’ailleurs en général oublié mon code de carte bleue.
  • Docteur : petit ou gros bobo pas de docteur ni d’hôpital à bord, si ce n’est le médecin de la course disponible par téléphone (communication satellite) 24h/24h. J’embarque une pharmacie conséquente et un petit guide médical qui me permettra de réaliser un auto-diagnostique. Je me soigne avec les moyens du bord. C’est le cas de le dire. Pour la petite histoire j’ai déjà dû procéder à la réduction d’une luxation de l’épaule sur la dernière étape de la Solitaire du Figaro 2017. Me recoudre le menton à l’aide d’une agrafeuse sur une course en Mini 6.50. Ouch!
  • Mon chéri, les amis et ma famille:  c’est évident qu’en mer je ne vois absolument personne, si ce n’est occasionnellement par skype, email, téléphone satellite.
  • Accès à internet sans limite et en haut débit : alors là sachez que même si j’ai accès à internet, 4Go coûtent environ 3000€. Donc impossible de télécharger la dernière saison de ma série préférée et pas même de podcasts, c’est bien trop lourd.
  • Mon labrador Nikka : pas d’animaux autorisés en course. Ma boule de poils noirs me manque évidement.
  • La possibilité de se dégourdir les jambes: j’ai mis à bord un système d’élastique pour mobiliser mes jambes. J’utilise mes jambes pour garder l’équilibre et pour manoeuvrer. Même si j’ai beaucoup d’imagination, ça ne remplace pas une bonne course en montagne.

Et si je retourne la longue vue pour voir ce que j’ai à bord de mon voilier et que je n’aurai jamais à terre :

  • La liberté de circuler : partir à droite ou à gauche, accélérer ou ralentir. Je suis seule responsable de mes choix.
  • La vie au tempo de mon rythme biologique : lors des courses je dors peu, environ 4h à 6h par 24h et par tranches de 8 à 40 minutes. Ça n’a pas l’air vraiment sexy. Cependant je suis à la complète écoute de mon corps pour choisir ces moments de sommeil. Il en est de même pour le choix des moments où je me nourris et à celui de mes aliments. Bien entendu si les éléments ne sont pas trop déchaînés…
  • Une vue : le plus beau panorama ininterrompu au monde. Que le ciel soit noir ou bleu cela procure toujours une vague d’émotions. Je ne m’en lasse pas.
  • Les animaux sauvages : la mégafaune, bien que menacée par la pollution plastique et le dérèglement climatique font partis de mon quotidien ( dauphins, baleines, raies manta, requins, orques, poissons lunes, oiseaux).  Mon meilleur souvenir c’est en rentrant de ma première tentative de tour du monde en solitaire en 2010. Le 4myplanet Tour, une navigation en IMOCA au service de la science et de l’éducation (pour en savoir plus sur ce voyage achetez mon livre : Planète Océan en Solitaire paru aux éditions du Rocher dans la collection de l’Institut Océanographique). J’arrive de New-York pour rejoindre Monaco en passant par le détroit de Gibraltar. Me voilà aux large des îles Espagnoles, les Baléares. Je suis loin des côtes et décide m’accorder une longue sieste, je suis exténuée. Alors que j’étais assoupi j’entends un frottement sur la coque de mon bateau. Je cours à l’extérieur pour comprendre ce qui se passe. Je ne peux pas m’être échouée, je suis beaucoup trop loin des côtes. Là je découvre, à l’étrave de mon bateau , deux globicéphales qui se frottent contre la coque pour me prévenir d’un événement extraordinaire. Une maman globicéphale est en train de donner naissance à un bébé, 50 mètres à l’avant de mon étrave. Elle est protégée par sa tribu qui nage en cercle autour d’elle. Ils sont des dizaines. C’est magique.
  • L’adrénaline de la course : la course au large est un monde où l’on doit constamment s’adapter aux conditions météo, à son état physique, à l’état du bateau. On doit aussi anticiper nos manœuvres, notre parcours. Se dépasser et aller chercher des ressources souvent ignorées de nous. Et aussi prendre soin des autres. En course on se doit d’être le plus rapide et le meilleur par rapport à soi. Les skippers du Vendée Globe ont toujours à l’esprit la difficulté du challenge. Et quand les éléments se déchaînent on prend la plupart du temps des nouvelles les uns des autres. Il y a deux choses que j’adore: la solidarité des gens de mer et le fait de découvrir et utiliser mon potentiel quand je suis en course.
  • Le temps de la contemplation : il y a aussi des moments où le bateau marche à la bonne vitesse, le vent est stable, et ce pour quelques heures. Une fois la routine exécutée (traitement des messages, donner des nouvelles par email et vidéo pour la communication, manger, se reposer, réparer ce qui doit l’être, prendre la météo…) on peut alors se permettre de contempler ce qui nous entoure si on a la chance de pouvoir sortir du bateau ou juste ressentir son état présent et se relâcher. S’autoriser quelques instants pour rêvasser sans être interrompu. Ça c’est un vrai luxe.
  • Une existence en accord avec les éléments : l’école de l’humilité c’est ici. On ne passe pas en force quand les éléments se fâchent. On peut éventuellement tenter une danse avec eux pour passer en manœuvrant de belle manière une vague où un coup de vent. Par contre si c’est trop violent, il vaut mieux l’avoir anticipé en ayant hissé les voiles correspondantes à la force du vent et rester à l’intérieur du bateau le temps que ça passe. Cela peut durer plusieurs heures ou plusieurs jours.

La liste est longue, je suis passée rapidement sur les choses marquantes et révélatrices de la différence de confort entre la vie confinée à terre et la vie isolée en mer.

C’est en mer, en course, que je trouve le mieux mon équilibre. J’aimerai parvenir à être aussi à l’aise à terre.

Pour m’évader aujourd’hui et les jours à venir de cette période de confinement, je reproduis les routines qui font ma zone de confort quand je suis en mer : le sport, la lecture, le dessin, l’écriture, et le temps d’élaborer les projets que je souhaite mettre en œuvre et auquel je n’ai jamais accordé de temps.

Alexia Barrier ==>Vendée Globe 2020

Je mets régulièrement sur Instagram @alexiasailingteam des idées pour faire du sport, du yoga, des recettes de cuisine, des lectures inspirantes …

Je souhaite que vous aussi vous ayez su ré-inventer votre quotidien. Bon courage et prenez soin de vous et des vôtres.

Si vous voulez partager ou échanger n’hésitez pas à m’écrire alexia@alexiasailingteam.com

Objectif Vendée Globe

Bienvenue à bord de mon blog.

Si vous me connaissez, vous avez l’habitude de me lire quand je suis en mer. Et oui j’adore partager avec vous ces moments fous quand je suis en course, au large.

2020, c’est l’année du Vendée Globe !

Course à la voile autour du monde en solitaire et sans assistance, s’il fallait encore la présenter. 😉

J’ai décidé cette année de vous faire vivre la partie terrienne de ma vie, de ma préparation de navigatrice et aussi mes coups de coeur et coups de gueule de femme.

Je vous invite donc ici à entrer dans les coulisses de l’Everest de la voile.

A vous accrocher à mon combat pour la préservation des Océans avec les actions que je mène avec 4myplanet.

A voyager, à bouger et respirer avec moi à travers les sessions de sports et de découverte d’univers qui n’ont peut-être rien à voir avec mon univers, et finalement si. 

A trouver ici une source d’inspiration je l’espère pour vous donner envie à votre tour de relever des défis du quotidien, personnels, professionnels, sportifs … De vous accrocher à vos rêves.

Vous embarquer dans l’aventure me donne l’assurance d’être portée vers ce challenge extraordinaire.

Alors larguez les amarres, embarquement immédiat pour une des dernières aventures humaines de notre Planète Bleue.

Alexia